Un peu de botanique.

Attention, famille nombreuse !

La myrtille est une variété d'airelle de la tribu des Vacciniées (vaccinium myrtillus), qui comprend 13 genres et plus de 200 espèces.

Petite baie bleue violacée, elle possède une saveur acidulée et très parfumée. Avant, elle s'appelait simplement "myrtil", qui devint "myrtille" (petite myrte) grâce à Monsieur Littré...
Selon les régions ou les pays, elle change de nom : teint-vin, raisin-des-bois, moret, abrêt-noir, brimbelle, canneberge, coussinet, bleuet, airelle-épiphyte, airelle-myrtille, etc...

L'arbrisseau qui produit la myrtille s'appelle le "myrtillier", il appartient à la famille des Éricacées. Sa taille moyenne est de 20 à 30 cm, parfois davantage lorsqu'il doit se frayer un passage vers la lumière à travers des genêts étouffants ou sous des ombrages trop puissants.

Le myrtillier porte de petites feuilles ovales et vert clair, qui deviennent pourpre et or à l'automne. Les fleurs ont la forme de petits grelots blanc-vert, teintés de rose. Les baies (guère plus d'une dizaine par pied) pèsent moins d'un gramme.

Le myrtillier ne pousse que sur les sols acides, sur des roches mères non calcaires : granites ou schistes. On le trouve en Ardèche, en Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Haute-Loire, les montagnes de Lozère, dans les Vosges, les Alpes, et même en Bretagne.


Airelle ou myrtille ?

Il ne faut pas confondre l'airelle et la myrtille, même si, à tort, la myrtille est souvent appelée airelle. Les deux plantes, ainsi que leurs baies, sont de taille identique et appartiennent à la même famille que les bruyères, leur pire ennemie.

A la différence de la myrtille, qui oscille entre le bleu, le noir et le violet, l'airelle est rouge. Un peu farineuse et à la saveur acidulée, l'airelle est également comestible. Mais elle est beaucoup plus rare. On trouve ici ou là quelques touffes égarées d'airelles au milieu des landes de myrtilles sur les montagnes d'Ardèche, davantage en Lozère. Mais le vrai territoire de l'airelle se situe surtout en Amérique du nord et dans la toundra de Sibérie.


Sauvage ou cultivée ?

La vraie myrtille est sauvage et 100% naturelle.
 Sauvage, parce qu'elle pousse naturellement sur certains massifs montagneux.
 Naturelle, parce qu'elle ne subit aucun traitement, et mérite presque partout la médaille de "bio".
Les parcelles de myrtilliers sont simplement entretenues, débroussaillées, pour éviter d'être étouffées par les bruyères.

Cultivée, elle ressemble à la myrtille sauvage par sa couleur extérieure, sa forme et son appellation. Mais elle est plus grosse, presque le double, au point de ressembler à une prunelle. Sa chair translucide vert-blanc (à la différence du violet de la myrtille) ne tache pas. Elle est moins parfumée et ne possède ni les qualités gustatives et nutritionnelles, ni les vertus thérapeutiques de sa cousine sauvage (voir Fruit de santé).

Hybride du myrtillier sauvage, le plant a été créé par le docteur Cole de l'université de Washington au début du XX° siècle. L'arbuste (Vaccinium corymbosum) d'une hauteur de 2 m à 2,50 m peut produire jusqu'à 10 Kg de fruits par pied. On en trouve désormais en Sologne, en Auvergne, dans le Roussillon et en Gironde où une exploitation produit à elle seule un millier de tonnes par an de cette baie cultivée.